Le Jeûne/Fasting
- Cecile Coin
- 24 juil. 2023
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 juil. 2025
Que se passe-t-il dans notre corps pendant un jeûne ?
Le jeûne, pratique ancestrale et aujourd’hui redécouverte, ne se résume pas à une simple privation alimentaire. C’est un véritable processus de régénération qui engage le corps dans un fonctionnement interne totalement différent. Privé d’apports extérieurs, l’organisme active un mécanisme d’autolyse : il s’auto-alimente en puisant dans ses propres réserves, amorçant ainsi un nettoyage en profondeur et une réorganisation métabolique.
Trois grandes phases métaboliques du jeûne
Le jeûne s’accompagne d’une succession de phases, chacune correspondant à une stratégie différente du corps pour fournir de l’énergie.
1. Phase d’épuisement des réserves de sucre (jusqu’à 24h)
Durant les premières 24 heures, l’organisme utilise le glycogène stocké dans le foie (et en petite partie dans les muscles), qu’il transforme en glucose pour alimenter les cellules.
Cette phase courte constitue un stress métabolique : le corps doit rapidement s’adapter à l’absence de nourriture. Ce stress stimule la production d’adrénaline, qui mobilise les réserves et prépare l’organisme à une nouvelle manière de fonctionner.
2. Phase de transformation des protéines et des graisses (2e au 4e jour)
Après épuisement du glycogène, le corps commence à produire du glucose à partir de ses protéines (enzymes, muscles) et du glycérol issu des graisses.
Toutefois, la dégradation musculaire est minime (environ 3 %), car l’organisme privilégie les protéines usées à recycler.
C’est également à ce moment que débute une faible production de corps cétoniques, annonciatrice de la phase suivante.
3. Phase cétonique : le corps carbure au gras (à partir du 5e jour)
À partir du cinquième jour, le corps entre dans un mode de croisière : il transforme les graisses stockées (notamment les triglycérides) en corps cétoniques. Ces petites molécules énergétiques (acétoacétate, acétone, ß-hydroxybutyrate) alimentent efficacement les organes, y compris le cerveau.
Le ß-hydroxybutyrate joue un rôle important : il protège les neurones, favorise la clarté mentale et apporte une sensation de vigilance accrue. À cela s’ajoutent la sécrétion de cortisol et d’endorphines, un cocktail qui procure souvent une sensation de calme, de lucidité et de mieux-être.
Les bienfaits physiques du jeûne
Le jeûne, lorsqu’il est bien encadré, offre de nombreux avantages pour la santé. Des études scientifiques ont mis en évidence des effets physiologiques profonds :
Nettoyage cellulaire et régénération (via le mécanisme d’autophagie)
Amélioration de la circulation sanguine
Réduction de l’inflammation et des douleurs articulaires (effets observés notamment dans la polyarthrite rhumatoïde)
Réparation des cellules endommagées
Normalisation de la glycémie et de l’insuline
Régression des plaques d’athérosclérose
Réduction des allergies
Baisse de la tension artérielle et du cholestérol
Peau plus nette et plus saine
Perte de poids durable
Stimulation de la DHEA, hormone du rajeunissement
Renforcement de l’immunité
Amélioration de la fertilité
Meilleure réponse aux traitements de chimiothérapie
Élimination des cellules anormales (via l’apoptose)
Protection cérébrale et prévention des maladies neurodégénératives comme Alzheimer
Une transformation aussi psychique
Au-delà des bienfaits physiques, le jeûne a un impact profond sur l’esprit :
Il invite à ralentir et à se recentrer sur l’essentiel
Il aide à prendre du recul, à clarifier ses pensées
Il renforce le sentiment de responsabilité envers sa santé
Il ouvre un espace propice à l’introspection et à la reconnexion avec soi-même
Conclusion
Le jeûne n’est pas seulement une méthode de détox ou de perte de poids : c’est une expérience complète de purification et de revitalisation, aussi bien physique que mentale. Lorsqu’il est pratiqué de manière consciente et encadrée, il révèle une formidable capacité du corps à s’auto-réparer, et de l’esprit à s’élever.
In English:
What Happens in Our Body During a Fast?
Fasting, an ancient practice now being rediscovered, is much more than just a temporary absence of food. It is a true process of regeneration, engaging the body in a completely different internal mode of functioning. Deprived of external intake, the body activates a mechanism known as autolysis: it begins to feed itself by drawing from its own reserves, initiating a deep cleansing and a metabolic reorganization.
Three Major Metabolic Phases of Fasting
Fasting unfolds in a sequence of phases, each reflecting a different strategy used by the body to supply energy.
1. Sugar Reserve Depletion Phase (up to 24 hours)
During the first 24 hours, the body uses glycogen stored in the liver (and to a lesser extent in the muscles), which it converts into glucose to fuel the cells.
This brief phase is a metabolic stressor: the body must quickly adapt to the absence of food. This stress stimulates the production of adrenaline, which mobilizes energy reserves and prepares the body for a new way of functioning.
2. Protein and Fat Transformation Phase (Day 2 to Day 4)
Once glycogen is depleted, the body starts producing glucose from its proteins (enzymes, muscles) and glycerol derived from fat stores.
However, muscle breakdown remains minimal (about 3%), as the body prioritizes recycling worn-out proteins.
At this stage, the body also begins a mild production of ketone bodies, which marks the transition to the next phase.
3. Ketogenic Phase: The Body Runs on Fat (From Day 5 Onward)
From the fifth day, the body enters a cruising mode: it converts stored fat (especially triglycerides) into ketone bodies. These small energy molecules (acetoacetate, acetone, and β-hydroxybutyrate) efficiently fuel the organs, including the brain.
β-hydroxybutyrate plays a key role: it protects neurons, enhances mental clarity, and creates a heightened sense of alertness. This is further enhanced by the release of cortisol and endorphins, a combination that often brings a sense of calm, lucidity, and overall well-being.
The Physical Benefits of Fasting
When properly supervised, fasting offers numerous health benefits. Scientific studies have highlighted deep physiological effects:
Cellular cleansing and regeneration (via the process of autophagy)
Improved blood circulation
Reduction of inflammation and joint pain (notably in rheumatoid arthritis)
Repair of damaged cells
Normalization of blood sugar and insulin levels
Regression of atherosclerotic plaques
Reduction in allergies
Lower blood pressure and cholesterol
Clearer and healthier skin
Sustainable weight loss
Stimulation of DHEA, the rejuvenation hormone
Strengthened immune system
Improved fertility
Better response to chemotherapy
Elimination of abnormal cells (via apoptosis)
Brain protection and prevention of neurodegenerative diseases such as Alzheimer’s
A Psychological Transformation As Well
Beyond physical benefits, fasting has a deep impact on the mind:
It encourages slowing down and refocusing on what matters
It helps gain perspective and clarify thoughts
It reinforces a sense of personal responsibility for one’s health
It opens space for introspection and reconnection with oneself
Conclusion
Fasting is not just a detox method or a weight-loss tool: it is a complete experience of purification and revitalization, both physical and mental. When practiced consciously and under proper guidance, it reveals the body’s remarkable ability to self-heal—and the mind’s potential to rise above.



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